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Vins de La Craffe
Fondée par Charles Chardot (né en 1837 à Vic Sur Seille, mort en 1920 à Nancy) la société des « Vins de la Craffe » vit le jour à Nancy au pied de la porte de la Craffe vers 1862.
En 1893, une première succursale fut ouverte rue de la Hache dans le vieux quartier St-Sébastien. D’abord épicier, il se spécialisa rapidement dans les vins et s’intéressa assez vite aux vignobles algériens.
Homme d’initiative, son fils, Jules Chardot, seconda son père. Il construisit en 1897, au 11 rue de la Craffe, des entrepôts qui constituèrent pendant 60 ans les bases solides des « caves de la Craffe ».
Les chais étaient creusés dans les restes du « bastion du Danemark », vestige de l’enceinte moyenâgeuse de Nancy.
 Porte de La Craffe à Nancy
Dès 1901, furent bâties des cuves de béton armé intérieurement et recouvertes de carreaux de verre.
Les premières livraisons en litres des vins de la Craffe se firent peu avant 1914.
A l’époque, c’était une innovation.
Avant même la mort du fondateur en 1920, les deux fils de Jules Chardot, Pierre et André, formèrent une remarquable équipe.
En 1921, fut acheté le premier camion automobile de livraisons, un Dion-Bouton de 3.5 tonnes, réformé de guerre.
En 1923, un camion citerne, premier du genre dans la région, fut mis en service. Il était destiné à acheminer les vins arrivant en gare sur l’entrepôt des vins de la Craffe. Enfin, une chaîne de mise en bouteille semi-automatique fut installée.
 Vers 1950, avec leurs immenses caves voûtées, les vastes entrepôts des Brasseries de Maxéville regroupèrent progressivement toute les installations des « Vins de la Craffe ».
(ci-contre, les caveaux de réception dits « Bacchus et S Craffon » situés au coeur des grandes caves)
 Les caveaux de réception des Vins de La Craffe
Outre des dizaines de foudres de bois de différentes capacités, (ci-dessous, la « caves des soeurs ») furent aménagées de vastes cuves en béton armé, verrées intérieurement et dotées des plus récents perfectionnements techniques.
la "cave des soeurs"
Les vins arrivaient soit par l’embranchement particulier de la ligne de chemin de fer Paris - Strasbourg, soit par un pipeline qui reliait les péniches accostées au port St-Sébastien aux cuveries des caves.
 C’est là aussi que se faisaient les opérations de mise en bouteille, d’encapsulage, d’étiquetage, d’encaissage, de déchargement et de chargement de camions. le quai de chargement 
la chaîne de mise en bouteilles
 C’est là enfin que se trouvaient les laboratoires de dégustation et de surveillance de la qualité des vins.
 
La politique commerciale de la société était très inventive : Tout le monde se souvient de « Maître Craffon » et des petites billes rouges à collectionner !
 Maître Crafon
   Victimes de la concurrence des grandes surfaces envers les petites épiceries, les « Vins de la Craffe » perdirent petit à petit leur réseau de distribution.
La proximité de Nancy, qui fut une force en son temps, devint une contrainte, le site s’enclavant peu à peu et devenant de plus en plus difficile d’accès.
Et puis, la consommation d’alcool diminuant d’année en année...
...les « Vins de la Craffe périclitèrent petit à petit.
Elles cessèrent leurs activités sur le site de Maxéville vers 1997.
Le site fut vendu entre 2002 et 2004 à la Ville de Maxéville.
 cave voûtée
Maître Crafon, emblème des Vins de La Craffe
Les « Vins de la Craffe » subsistent toujours puisqu’une partie de l’activité fut vendue à une société Strasbourgeoise de distribution de vins à la fi n des années 1990.
Est-ce pour cela que l’on aperçoit encore, de temps en temps, la silhouette carctéristique du camion des « Vins de la Craffe », livrant quelques épiceries du centre de Nancy ?
camion de livraison
Ce Bref historique s’appuie essentiellement sur les travaux d’André Vautrin, ancien Maire de Maxéville, sur les extraits de la monographie réalisée par les Grandes Brasseries vers 1909 et sur des témoignages recueillis auprès des anciens des « Vins de la Craffe ».