Ville de maxeville

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Journées du Patrimoine
Profitez des Journées du Patrimoine pour visiter les caves et les halles des anciennes Grandes Brasseries de Maxéville les 18 et 19 septembre. En savoir plus
 
 
 
  Mémoire de Maxéville
 
  Avant-propos
  Introduction
  Histoire géologique
  Préhistoire et antiquité
  Du royaume d’Austrasie au Duché de Lorraine
  Un village de vignerons
  Le peuplement au 19ème siècle
  Le domaine de Gentilly
  Le quartier Saint Sébastien et l’Ermitage
  Le Sauvoy
  Les Eglises
  Les Ecoles
  Les mines de fer et les hauts-fourneaux
  Des vignes aux fraises
  Les carrières Solvay
  L’usine Jean Prouvé
  Les Brasseries
  Les autres activités économiques
  La Solidarité
  La vie associative
  La Z.A.C. Champ-Le-Boeuf
  Les Aulnes
 
 
Le Sauvoy
1. Le domaine seigneurial :
Vers le milieu du siècle, le Saulvoix était devenu un domaine d’une certaine importance. Le 4 septembre 1654, les propriétaires de la « maison et enclos du Sauveux » reçoivent la permission d’y ériger un pressoir « pour y presser ses vins et martz des vignes ».
En 1699, la chapelle qui était en ruine fut reconstruite et bénite le 15 janvier. En 1727, celle-ci et le bâtiment qui la renfermait étaient encore tombés en ruines, le maître du Sauvois, Jean-Hyacinthe Cueullet de Saffais, conseiller à la cour souveraine de Lorraine et Barrois, sollicita et obtint, le 4 septembre 1729, la permission d’en ériger une nouvelle.
En 1724, le Sauvoy est qualifié de « bien fief » quoiqu’il n’eut pas alors et n’ait jamais eu ce titre. Il est vrai que Bugnon, dans son Polium des Duchés de Lorraine et de Bar, écrit au commencement du XVIIIème siècle, le qualifie de « maison franche », mais d’autres disaient que le Sauvoy était une « maison de plaisance », la plus considérable de ce « canton du ban de Nancy, du côté de Maxéville ». A l’époque, il consistait « en une maison de maître entourée de fossés, une grande cour d’entrée avec une avenue plantée de tilleuls et charmilles ; en une maison de ferme, grange, écuries, bougerie, pressoir ».
Le Grand Sauvoy.
Le 1er février 1779, le « bien dit le Sauvoy » fut vendu à Jean-Louis Stanislas le Febvre de Saint-Germain, ancien Capitaine au service de France. Il ne conserva pas intégralement le Sauvoy ; il en aliéna quelques dépendances, mais se plut à embellir ce qu’il s’en était réservé. Dès le 20 novembre 1790, M. Le Febvre vendait à Daniel-Pierre de Rorthays, capitaine au régiment du Roi, « ci-devant marquis de Monbail », demeurant à Nancy. Néanmoins, le Marquis de Monbail la vendît le 22 ventôse an III à Antoine-BenoÎt-Dieudonné et Jean-Claude-Nicolas Marmod, négociants à Nancy. Ces deux frères s’étaient fait un nom et une fortune dans l’industrie, en même temps qu’ils avaient rendu de grands services à la classe indigente en occupant une foule de jeunes gens des deux sexes dans leur manufacture de siamoises et de toile de coton. Le 5 mai 1819, suite à la mort de Jean-Claude-Nicolas, le château du Sauvoy fut vendu au baron de Landoville, colonel de la légion de la Lozère. Peu après son acquisition, le nouveau propriétaire obtint l’autorisation de fermer de murs son terrain sur la route et il fit construire deux petits pavillons.
Le baron de Landoville se défit du château du Sauvoy le 1er mars 1843 aux frères François et Laurent Deraucourt.
2. La vente du petit Sauvoy aux Galland pour les Brasseries de l’Est :
Ce beau domaine qui avait réellement un aspect seigneurial, devait, à l’exemple de tant d’autres, subir une de ces transformations comme en ont amené les inventions nouvelles. En effet, il fut, par le principe de l’égalité devant la loi, déclaré d’utilité publique, et le chemin de fer le coupa en deux. Après 1864, M. Galland, le nouveau propriétaire, y installa une usine, puis une vaste et élégante brasserie qui devint un but très fréquenté de promenade, surtout durant la belle saison car la terrasse jouissait d’un des plus beaux points de vue des environs.
Le château compte également parmi ses propriétaires successifs Madame de Martel qui habita le Sauvoy de 1877 à 1880 ; plus tard, les religieuses de Notre-Dame du Cénacle, qui y organisaient des retraites de dames et jeunes filles, et enfin les Pères Jésuites qui y faisaient des retraites d’hommes et de jeunes gens.
3. Le Foyer du Jeune Ouvrier :
Ce sont les dangers courus par la jeunesse ouvrière des villes qui émut l’âme apostolique de Monseigneur de la Celle, Evêque de Nancy et de Toul. Il y avait pris possession de son siège épiscopal en février 1920. Peu de temps après, il visitait la maison des apprentis, fondée jadis par M. le Chanoine Vulmont. Monseigneur de la Celle comprit de suite qu’il fallait donner à cette œuvre son prolongement nécessaire et s’occuper des gens à leur sortie de la maison des apprentis. Seize ans, c’était l’âge, en effet, où ils avaient le plus besoin d’être suivis, entourés, conseillés, défendus contre tant de périls qui allaient se multiplier sur leur route.
M. l’abbé Malquin, qui allait devenir le fondateur du F.J.O., bondit sur ce projet. Dans l’espace de deux mois, toutes les décisions furent prises et l’organisation ébauchée. A la jeunesse ouvrière enfermée dans l’atelier ou le bureau, saturée d’air vicié, resserrée dans les horizons étroits et souvent sombres, il fallait du dégagement, de la lumière, de l’air. A la jeunesse ouvrière, soumise au règlement du travail, tendue dans un effort perpétuel, il fallait de la détente, des jeux, du sport. Une propriété s’offre providentiellement : le Grand Sauvoy, un château en parfait état avec de vastes dépendances, un superbe parc de trois hectares, tout cela aux portes de Nancy, desservi par deux lignes de tramways.
L’abbé Malquin, fondateur du F.J.O. (avant 1939).
Toute l’organisation du Foyer a été inspirée par le souci d’élever l’ouvrier, de lui inspirer le goût de la propreté, de la tenue... : installation des réfectoires, des chambres à coucher, entretien du parc, décoration de la chapelle, du théâtre..., tout revêt un air de confort, de gaîté. Les jeunes gens sentent que dans un pareil milieu ils n’ont pas le droit de mal se tenir.
Deux raisons ont inspiré le fondateur dans le choix de la propriété du Grand Sauvoy. Par l’éloignement du centre ville le recrutement est épuré. Il faut que les jeunes gens tiennent vraiment à un foyer familial et chrétien pour s’imposer la gêne du déplacement quotidien. D’autre part, quand les pensionnaires y reviennent chaque soir après une journée de travail, ils n’ont bien souvent plus l’envie de repartir une troisième fois vers la ville pour y chercher de l’amusement. Ainsi, les jeunes gens s’attachent d’avantage à une atmosphère de fraternité. La maison, qui fut achetée en juin 1920, comprenait 125 places, qui furent rapidement occupée.
L’histoire du dernier quart de siècle a montré que les œuvres catholiques doivent avoir un statut légal. Ce fut l’Association déclarée qui devint le F.J.O. Le 20 juillet 1920, l’annonce de la nouvelle association est publiée au journal officiel. Le fondateur s’entoura d’un Conseil d’administration dont le dévouement devait lui être, au cours des dures années qui allaient suivre, une aide efficace, un précieux secours. Il choisit des hommes neufs, d’influence, des hommes qui par leur situation dans les affaires, le commerce, l’industrie, le bâtiment, étaient capables de guider ses entreprises et de lui ouvrir les portes dont l’accès lui était nécessaire pour aider les jeunes ouvriers. Le Conseil approuva toutes les initiatives et le public lorrain, confiant dans l’entreprise, répondit magnifiquement.
Le Grand Sauvoy offrait une vaste superficie, mais les locaux devinrent vite insuffisants. Le château, bâtiment vaste et luxueux, s’adaptait facilement aux services généraux de l’œuvre : réfectoires, cuisine, salon, bureau du directeur, chapelle... Tout près du château, les dépendances contenaient une buanderie, des caves, des salles de lingerie et des chambres. Cependant, l’œuvre n’en pouvait pas rester là, d’une part parce qu’elle devait rayonner d’avantage et étendre ses bienfaits, d’autre part, parce qu’elle n’aurait pas couvert ses frais généraux. Après deux d’expérience, les demandes d’entrée se multiplièrent si bien qu’il fallut songer à construire. Quinze mois après, il était possible d’admirer dans le parc un vaste et superbe bâtiment qui ne le déparât pas et auquel l’architecte, J. Criqui sut donner une grâce discrète. Un an après l’inauguration qui fut faite le 2 septembre 1923 par Monseigneur de la Celle, ce bâtiment « Jeanne D’Arc » était totalement occupé.