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| Le domaine de Gentilly |
Le château de Gentilly est un petit édifice de plan rectangulaire à trois niveaux, haute toiture à croupes, cantonné de quatre petites tours carrées coiffées en pavillon ; il peut, pour le gros œuvre, dater du XVIIème siècle, mais a été repercé au XVIIIème où l’on a en particulier construit une belle porte d’entrée centrale en plein centre et un petit balcon, décorés de rocailles élégantes. Actuellement, Gentilly abrite des personnes âgées, pour lesquelles un grand bâtiment neuf a été élevé à l’écart dans le parc.
Le château de Gentilly, de nos jours.
1. La propriété originelle.
En 1620, le duc Henri II érigea en fief noble en faveur de Henri Philippe, son argentier, « une maison scize au ban et finage de Maxéville et distante de quelque peu dudit village, accompagnée de belle et notable commodité », qu’il avait acquise quelque temps auparavant. En 1747, cette maison fut vendue par Marie-Charlotte de Choiseul-Beaupré, épouse séparée du baron d’Oberhausen, à Marc-Sigisbert Antoine, écolâtre de la primatiale de Nancy, à qui sans doute il faut attribuer quelques embellissements visibles sur la façade E. Le peintre Pérignon (peut-être Nicolas Pérignon, 1726-1782) décora l’intérieur. En 1784, Joseph François Coster, économiste célèbre, acquit la propriété, désormais appelée Gentilly, et y mourut en 1813.
2. La colonie pénitentière.
En 1860, Monsieur de Suzainnecourt est propriétaire de Gentilly. Il créé, en 1862, une Colonie pénitentiaire pour enfants et adolescents, envoyés là par « correction paternelle ». Cette colonie compte alors 130 colons. Un quartier spécial leur est réservé. Des ateliers : taillanderie, charronnage, maréchalerie, ébénisterie, sculpture, vannerie, cordonnerie, etc. leur étaient destinés. C’était là une expérience peu ordinaire pour l’époque. La colonie s’est agrandie par l’adjonction d’une ferme de 125 hectares, la ferme Saint Jacques, ce qui permit de donner aux colons une certaine pratique agricole.
Une commission de surveillance, dont Monsieur de Suzainnecourt était le directeur, assumait l’ordre : le personnel de surveillance et d’éducation comptait douze personnes. Le service de la cuisine et de la lingerie ainsi que celui de l’infirmerie, était assuré par trois sœurs de la Sainte Enfance de Marie.
3. Le château Paul Cavallier et la maison de retraite Notre-Dame de Bon Repos.
Monsieur Camille Cavallier acheta Gentilly en 1921 et y mourut en 1926. Il fut membre d’un grand nombre de Conseils d’administration de sociétés industrielles, par exemple : Hauts fourneaux et Fonderies de Pont à Mousson (dont il fut le grand patron), les charbonnages de Brebach, de l’eau et l’assainissement, les Fonderies de Bayard et Saint-Dizier, les charbonnages de Charlemagne dans le district d’Aix-la-Chapelle, les Aciéries de Rombas, la Mine de Bazailles, les Hauts Fourneaux Forges et Aciéries d’Alevard, les charbonnages de Fauquelmont...etc. Il a été Président de la Chambre de Commerce de Nancy et des groupes d’anciens élèves des Ecoles nationales d’arts et métiers. Il a été également membre : du comité consultatif supérieur du commerce et d’industrie, du comité des forges de la Sarre, du comité de perfectionnement des écoles d’arts et métiers et de l’école nationale des mines de Saint Etienne, de la société belge de géologie, de paléontologie et d’hydrologie, ...etc. Mr Camille Cavallier fut un grand chef d’industrie de la fin du XIXème siècle et du début du XXème.
Le général Patton était très ami avec Marlène Dietrich. En 1944, l’armée Patton séjourna à Nancy et le Général fut logé au château Paul Cavallier à Maxéville. Marlène Dietrich est venu soutenir les GI’s à Nancy, lors de l’offensive des Ardennes. La légende dit, qu’elle séjourna à cette occasion, au château Paul Cavalier en compagnie du Général. Cette photo aurait été prise devant ce château, pendant l’hiver 1944, par l’US Army Signal Corp. Elle est extraite d’un ouvrage bibliographique sur Marlène Dietrich.
Mr Camille Cavallier modifia malencontreusement tout l’intérieur du château, fit des adjonctions peu esthétiques, et apporta quelques modifications aux bâtiments de la propriété de Gentilly. C’est ainsi qu’il a supprimé, au premier étage, une terrasse, près de la lingerie, et une terrasse couverte près d’une grande salle. Quant à la propriété, il a, en 1925, cédé, gratuitement, à la commune : le terrain nécessaire à l’élargissement de l’avenue de Gentilly, afin de la porter à 20 mètres, ainsi que les surfaces nécessaires pour l’établissement de deux sentiers de 1.50 mètre de largeur reliant le chemin du Haut de Lesse à la dite avenue, à prendre aux extrémités bord nord et sud de la prairie n° 166 à 172. Par ailleurs, il est devenu, par échange avec la commune, propriétaire d’une partie de l’ancien chemin des munitions A à B, ce qui lui a permis de construire une maison pour son régisseur, sur le terrain voisin et continu de Gentilly.
Après le décès de Mr Camille Cavallier, sa veuve : Thérèse Julie Mangeot, continua d’habiter à Gentilly jusqu’à sa propre mort, le 2 mars 1933. Son neveu : Michel Paul Cavallier y habita jusqu’à son décès, à Paris, le 17 mai 1964 ; son épouse : Marie Madeleine de Sars, née en 1912 est décédée, elle, le 18 mai 1962, à Gentilly même ; elle était la fille de Marie Thérèse Aubry.
Michel Cavallier Paul est né à Pont à Mousson le 10 novembre 1909 ; il était le fils de Marcel Paul et de Jeanne Marguerite Françoise Cavallier. Il eut une conduite héroïque pendant la guerre 1939-1945, il reçut alors la Croix de Guerre, puis la Croix de Chevalier de la Légion d’Honneur.
A sa mort, Gentilly devint la propriété des Sœurs de Saint Charles ; il prit alors le nom de « Bon Repos », parce que fréquenté par des personnes âgées, qui y demeurèrent après la construction d’un important immeuble neuf. Une centaine de personnes du troisième âge, de toutes classes, y vivent leurs derniers jours, choyées par les sœurs et le personnel civil de l’établissement.
4. Les Aulnes et le Haut-du-Lièvre.
Le domaine Gentilly, qui s’étend de la route de Metz jusqu’à Laxou, peut se prévaloir de battre un certain nombre de records architecturaux de gigantisme avec sa tour panoramique des Aulnes et avec sa « barre » Le Cèdre Bleu, au Haut-du-Lièvre. Par ailleurs, c’est un domaine dont l’infrastructure est bien développée : piscines, cliniques, etc.
L’origine du nom « Haut-du-Lièvre » est liée à la proximité de la Forêt de Haye, laquelle a toujours constitué une réserve de chasse. On imagine bien quelques lièvres sur ce plateau... coursés par des chasseurs !
Le Haut du Lièvre, vers 1930. Avant l’urbanisation, le Haut du Lièvre était un lieu prisé de balades en tout genre. Sur cette photographie enneigée, des promeneurs s’adonnent aux plaisirs de la glisse.
En octobre 58, le futur Cèdre Bleu commence à sortir de terre. On le surnommera longtemps la plus grande barre d’Europe (400m de long, 917 logements). L’immeuble reçoit ses premiers locataires en novembre 59. Suivront ensuite sur 12 ans la mise en location des Lilas, Tilleul Argenté, Aulnes (4 bâtiments), Seringats, Tours Etoiles (Blanc Sycomore, Marronnier Rouge, Hêtre Pourpre), et enfin La Tour Panoramique. Au total, 3000 logements, une vraie petite ville. Dans les années 60, 16000 habitants peuplent le Haut du Lièvre. En 1981, une vaste réhabilitation démarre pour durer six ans. Le quartier s’ouvre aux étudiants. En 1988, un centre d’affaires est créé. Aujourd’hui encore, il constitue un important pôle d’activités sur 3500 m² répartis dans des étages du Tilleul Argenté. L’OPAC de Nancy reste le principal logeur de ce quartier de 8000 habitants. Il dispose de services de proximité en nombre : mairie, bureau de Poste, commissariat, 2 centres commerciaux et piscines, écoles, associations, ainsi qu’une crèche (située sur la partie nancéienne) ... la liste est longue.
La
tour panoramique des Aulnes, haute de 34 étages coté aval et de 32
étages côté amont, est immanquable. Les fondations démarrent en mai
1969 pour se terminer en 1971. On en doit la conception à deux
architectes régionaux : Lucas et Wurmser. Dotée de 4 ascenseurs,
abritant 109 logements F4 et F5 gérés par l’OPAC de Nancy, ses 96 m du
côté aval (et 91 m du côté de l’entrée principale) en font le plus haut
immeuble de Lorraine, sans compter l’antenne qui culmine, elle, à 108
m. Les logements ont une surface d’autant plus importante que leur
altitude est élevée, l’épaisseur des murs porteurs en béton armé
diminuant avec la hauteur.
La Tour Panoramique vers 1999.
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