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| Du royaume d’Austrasie au Duché de Lorraine |
1. Rappel du contexte historique
a) Le royaume d’Austrasie.
A la veille du Moyen-Âge, d’intenses invasions barbares viennent dévaster la Gaule romaine (Vandales, Suèves, Francs, Huns, etc.). A la fin du Vème siècle, toute la Lorraine est occupée par les Francs. Durant l’époque Mérovingienne, le territoire lorrain appartient au Royaume d’Austrasie, dont héritera Thierry 1er, fils aîné de Clovis, en 511.
De 679 à 751, les « rois fainéants » affaiblissent le pouvoir royal, au profit des maires du palais. En 751, Pépin le Bref, fils de Charles Martel, devient finalement roi, avec la bénédiction du pape Zacharie. Son successeur, Charlemagne, fonde l’Empire carolingien, en l’an 800, à Rome. En 843, par le traité de Verdun, l’Empire est partagé entre les trois arrières-petits-fils de Charlemagne. Lothaire Ier devient roi d’un vaste territoire s’étendant de l’Italie à la Mer du Nord.
b) La Haute-Lotharingie : ancêtre de la Lorraine actuelle
Ce territoire est à nouveau découpé par le traité de Prüm en 855, entre les trois fils de Lothaire Ier. Lothaire II hérite de la partie Nord : la Lotharingie. Ce territoire comprenait la Basse-Lotharingie, ou Basse-Lorraine, qui deviendra le duché de Lothier et la Haute-Lotharingie ou Haute-Lorraine, qui deviendra le duché de Lorraine.
Le duché de Lothier correspondait dans les grandes lignes aux actuels Pays-Bas et Belgique (à l’exception du comté de Flandre et de la Lorraine belge), à l’Oesling (partie ardennaise du Grand Duché de Luxembourg, au Nord), et à l’actuel Land allemand de Rhénanie-Palatinat (à l’exclusion de la région de Trèves).
Initialement, le duché de Lorraine comprenait grosso modo les territoires de la Lorraine française actuelle, de la Lorraine belge actuelle (Gaume et Pays d’Arlon), du Sud de l’actuel Grand Duché de Luxembourg (Gutland, Terres Rouges, Vallée de la Moselle), de la région de Trèves et de l’actuel Land allemand de la Sarre. Mais par la suite, le territoire se réduira jusqu’à correspondre à celui de la seule région Lorraine actuelle.
Un premier partage eu lieu en 870 (Traité de Meerseen) entre les deux oncles de Lothaire II, après la mort de ce dernier. Le partage définitif fut effectué en 959 par l’abbé Brunon, archevêque de Cologne et duc de Lotharingie.
Les partages de Verdun et de Mersen.
Ces différents partages, aboutissent à un nouvel affaiblissement du pouvoir royal. Inversement, les seigneurs sont de riches propriétaires terriens, se faisant souvent la guerre à cause de conflits de possession. C’est le temps de la féodalité.
2. Les seigneurs de Maxéville et l’emprisonnement du duc Ferry III
A Maxéville, une seigneurie s’établira sur plusieurs générations, jusqu’en 1776 (le dernier seigneur de Maxéville s’appelait Jean-Yves Coulon).
Une histoire d’emprisonnement du duc de Lorraine Ferry III dans une tour par des seigneurs de Maxéville, tout d’abord perçue comme authentique, fut longuement critiquée, notamment par Dom Calmet, dans son histoire de la Lorraine. Elle fut ensuite réhabilitée par des études ultérieures, notamment de trois imprimeurs-libraires : Grimblot, Thomas et Raybois. Actuellement, son authenticité ne fait plus guère de doute.
Souhaitant s’appuyer sur la bourgeoisie urbaine pour affermir son emprise sur ses suzerains, Ferry III accorda des franchises aux principales villes de son Duché : Nancy, Neufchâteau, Longwy. Cette politique lui attira de solides rancunes. Alors qu’il revenait d’une chasse dans les bois de Laxou, Adrian des Armoises, seigneur de Maxéville le captura et l’enferma dans son château. Des années plus tard il parvint à faire parvenir sa bague à la duchesse Marguerite par l’intermédiaire d’un charpentier qui avait été chargé d’entretenir le toit de sa prison. Celle-ci envoya une troupe de soldats libérer son époux. Adrian des Armoises libéra le duc sans combattre.
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